LE GONFLAGE DES GROS-MONO
Avant propos
Il n’existe pas de remède miracle qui donne 10 chevaux de plus et du couple par brouette. Les solutions existent, certes, mais deviennent alors très coûteuses et entament la fiabilité du moulin qui, sur un gros-mono, n’a vraiment pas besoin de ça !
Avant toute chose, je ne saurais trop vous conseiller de vous procurer l’EXCELLENT ouvrage de Jean-François Robert, « La préparation des moteurs moto » chez ETAI, qui passe en revue les recettes du préparateur pour obtenir le maximum d’un moteur. Apres sa lecture, on se rend bien compte qu’un simple échappement, au delà de l’impression laissée, ne va pas transfigurer le rendement d’un moteur, surtout s’il n’est pas assorti d’un réglage de l’admission...

Etant un partisan de l’efficacité fonctionnelle plutôt qu’esthétique, je ne vous parlerez ici que de solutions améliorant effectivement le rendement.
Maintenant, dans certaines limites, si l’adaptation d’une ligne d’échappement avec silencieux à absorption, associée à un réglage de carburation et éventuellement par une amélioration réfléchie de l’admission d’air (boite à air + ouverte, filtre K&N) permet d’augmenter les performances du moteur, je suis plutôt partisan.
Voilà ce que je voulais dire avant d’aborder l’épineuse rubrique « Moteur»...Bibliographie
Je vous parlais du livre de Jean-François Robert, mais d’autres rares ouvrages existent. Avant de commencer quelle opération que ce soit, la lecture d’ouvrage sur la préparation permet d’éviter les écueils de faire battre en retraite les idées reçues. La préparation des moteurs motos de Jean-François Robert aux éditions ETAI.
Vous apprendrez beaucoup de choses intéressantes. Notez que l’auteur est le papa de la fameuse Tucson, ce gros-mono de courses sur piste (pour le championnat CM2, le challenge des mono) sur base de mono Rotax 600cc préparé aux petits oignons.
La préparations des moteurs 4 temps, de D. Meyer, JP Morisi et A. Straford, Collection Technique & Pratique, édité par le magazine Moto Technologie :

Moins synthétique que l’ouvrage de JF Robert, il en est toutefois le complémentaire, notamment dans le travail des culasses (ébavurages, polissage, etc…).
Enfin, la lecture du magazine Moto Technologie est souvent riches d’enseignements bien que parfois très techniques, mais ce n’est pas un mal, bien au contraire !
Bas moteur
Le bas moteur est constitué du vilebrequin, de l'embiellage, du piston et du cylindre. A ce niveau, on ne peut pas proprement parler de gain de puissance puisque les amélioration portent essentiellement sur la réduction des pertes par frottements. Ceci dit, le soin apporter au bas moteur est un facteur non négligeable de fiabilité.
Avant d'aller plus loin, il est utile de faire quelques rappels techniques afin que le propos soit bien assimilé. Notamment il est utile de rappeler le vocabulaire du bas moteur :



Ainsi , la tête de bielle est l'extrémité fixée sut le vilebrequin et non sur le piston comme la logique le voudrait !
Le vilebrequin
A quelques exceptions (Rotax 650 des Aprilia et BMW), sur la plupart des moteurs de gros-mono, les vilebrequins sont du type " assemblés ". En effet, le montage sur roulement de la tête de bielle empêche cette dernière d'être démontable. Pour la pose et la dépose, il faut désassembler le vilebrequin.

L'inconvénient de ce genre de vilebrequin c'est qu'il peut exister un faux-rond du fait d'un décalage des 2 flasques lors de son montage en usine. Ce faux-rond peut atteindre plus de 10/100 de mm. La figure suivante montre (en exagérant) le faux-rond :

Un tel décalage est non seulement mauvais pour les roulements et les carters (il les fait plus travailler) mais induits des pertes par frottement important.
Il convient donc de réaligner les flaques. Ce travail ne peut être réaliser que par un spécialiste avertis dont on doit connaître la réputation. L'opération nécessite en effet des instruments de métrologie très précis et du savoir faire pour parvenir idéalement sous la barre du 1/100 mm.
Un vilebrequin réaligné apporte des montés en régime plus rapide, le moteur prends éventuellement un peu plus de tours et les vibrations diminue (car le vilebrequin est plus équilibré).
De même, profitant que le moteur a le vilebrequin à l'air, il peut être
judicieux de remplacer les roulements au moindre signe d'usure. De même,
contrôler l'excellent état des logements. Je ne vous conseille pas de
monter des roulement de classe supérieure (d'origine, c'est du C3 en
général) : les gains en stabilité de fonctionnement reste assez peu
significatif et vous risquez d'augmenter les contraintes physique sur
les carters.
Par contre, il peut être judicieux de remplacer les roulement d'origine
par des adaptable traité à l'argent (diminution des frottements).
La bielle
Lorsque le moteur est ouvert, profitez en pour contrôler la bielle,
notamment sont jeu axial.
Attention, le remplacement de la bielle nécessite le désassemblage du
vilebrequin à l'aide d'une presse hydraulique puis le réassemblage et
enfin l'alignement des flasques.

Au besoin, remplacer également le roulement de tête de bielle.
L'échange de la bielle d'origine pour une plus résistante en acier forgé type Carillo ne se justifie qu'en cas de montage d'un piston haute compression type Wiseco ou Arias (en alliage forgé), ou en cas de sur-alésage pour augmenter la cylindrée (la meilleure solution pour gagner des bourrins !).

En haut: bielle d'origine.
En bas: bielle Carillo.
En effet, ces bielles coûtent le double par rapport à l'origine laquelle suffit amplement si la compression et la cylindrée reste identique.
Le Piston
On peut être tenté d’augmenter le rapport volumétrique (qui a pour
conséquence directe une augmentation quasi proportionnelle de la
puissance, du moins en théorie…) en adaptant un piston forgé « haute
compression ». En apparence, cette solution semble idéale. Certes,
l’augmentation des performances est là, mais sachez que les contraintes
sur l’embiellage s’en trouve largement accrue et l’usage d’une bielle
forgé (type Carillo) s’impose. par contre, le vilebrequin peut rester
d’origine, cette pièce étant généralement largement dimensionnée.
De même, la nature nettement plus dure du matériau employé ainsi que les
jupes généralement plus courtes (qui augmente les contraintes de guidage
dans le cylindre) sont à l’origine d’une usure nettement plus rapide du
cylindre (ovalisation).

De même, une forte augmentation du rapport volumétrique se traduit par une diminution de la plage d’utilisation du moteur. Ce dernier cognera plus tôt, et si la compression est vraiment trop élevée, le cliquetis (auto-allumage avant le point d’allumage normal) peut rapidement apparaître et l’usage d’une essence à fort indice d’octane devient indispensable (Avgas par exemple). Ce n’est pas viable au quotidien.
Pour en finir, sachez qu’une augmentation du rapport volumétrique sans
remplacement du piston est possible en rabotant une épaisseur d’alliage
au niveau du joint d’embase. Cette méthode économique permet de
conserver le piston d’origine. Mais ATTENTION !!! Vérifier que le piston
ne risque pas de toucher les soupapes… De même, il faudra fabriquer une
nouvelle patte d’ancrage moteur supérieur tenant compte de l’épaisseur
de métal enlevée.
La meilleure façon et la plus efficace pour de gagner des chevaux sur un moteur reste l’augmentation de
la cylindrée. Pour y
parvenir, il existe 2 voies : le sur-alésage ou l’augmentation de la
course. Cette dernière méthode est de loin la plus inabordable pour le
commun des mortels dans le mesure où il faut modifier le vilebrequin
pour gagner en course (en montant un maneton plus petit excentré et en
surélevant le cylindre par exemple) ce qui demande beaucoup de matériel
et d’expérience.
Nous n’aborderons donc ici que l’augmentation de l’alésage. Cette
méthode permet d’augmenter le couple (et donc la puissance) sans
augmenter le régime d’obtention.
Attention, si les vilebrequins d’origine sont généralement
largement dimensionnés sur les gros-mono, il n’en est pas de même pour la
bielle qui aura bien du mal à encaisser l’augmentation de la PME
(pression moyenne effective) consécutive au sur-alésage. Le remplacement
par une bielle forgée (Carillo) est recommandé.
Le résultat d’un sur-alésage est généralement très bénéfique. Le couple
augmente proportionnellement à l’augmentation de la cylindrée, la
puissance aussi.
Le travail au niveau de la culasse se résume (enfin, se résume...
quand on en connaît la difficulté et le temps) à l’égalisation et au
polissage des conduits. Les plus avertis (ou les plus fous…) pourront
pousser l’expérience jusqu’à modifier la géométrie des conduits, mais
ces opérations demande beaucoup de métier et de précision ainsi qu’un
outillage professionnel (flexible notamment).
Je ne parlerai ici que de l’égalisation et du polissage de la
culasse. La modification des conduits ne sera pas abordé. Si vous voulez en savoir d’avantage, je vous
recommande les deux ouvrages suivant : la Préparation des Moteurs 4
temps (voir Bibliographie) et la Préparation des moteurs moto de JF Robert
(voir Biblio).
Pour ces opérations, vous aurez besoin d’un minimum de matériel qui
reste toutefois dans des limites budgétaire cohérentes. Il est évident que
lorsqu’on s’attaque à des modifications de conduits, le matériel requit
doit être de qualité professionnelle, avec un prix professionnel
évidement...
Le résultat sur une culasse qui a déjà pas mal d’heures de vol ne
sera pas aussi « éblouissant » que sur une culasse neuve. De même, les
professionnels de cette discipline n’auront pas de mal à faire beaucoup
mieux, mais c’est mieux que rien.
Les bénéfices de fonctionnement du moteur ne sont pas flagrants, et
disons-le, le polissage de la culasse relève plus du perfectionnisme que
de l’efficacité pure.
Les arbres à cames d’origine sont conçus pour apporter le plus
d’homogénéité possible au moteur et s’accordent pour le mieux aux échappements
d’origine. de plus, ils sont calculés pour une moindre consommation de
carburant.
Mais attention, une augmentation des vitesses et des hauteurs de
levées provoque l’affolement des soupapes à un régime plus réduit que
d’origine. Il faut alors monter des ressorts de soupapes plus puissants.
Je vous conseille donc de vous en tenir aux montages d'arbres à came
sde type "stage 1", sauf si vous avez décidé de vous construire une
moto réservée à la compétition.
Il y a plusieurs stades de préparation d'un arbre à came. Le stage
1 consiste uniquement à donner un profil plus "ventru" aux cames : sur
ce type d'arbre à came, seul le diagramme est modifié (temps de
remplissage augmenté), mais les vitesses de fermeture de soupapes sont
sensiblement égales à l'origine, permettant de conserver les ressorts
d'origine.
La préparation en stage 1 est généralement facilement réalisable,
sans changer les cames en métal. On obtient une modification du
diagramme par simple retaillage des profils en retirant de la matière au
dos des cames. De ce fait, cela permet de pouvoir retravailler
légèrement la partie "ventrue".
En France, l'atelier le plus réputé pour les travaux sur les arbres
à cames est sans conteste les établissements Augereau à Laigne-en-Belin,
près du Mans dans la Sarthe (72). Ils préparent les arbres à cames des
Suzuki officielles du SERT (endurance). Ils proposent de vous retailler
votre arbre à cames selon le modèle.
Les arbres à cames " stage 1 " permettent de gagner un bon paquet de
couple à mi-régime ce qui, sur un Gros-mono, est une avantage certain ! On
obtient de meilleures reprises, avec plus de "patate" dans les coups d'accélération.
La boite à air
Afin d'améliorer la respiration du moteur, il peut être utile de
modifier l'admission au niveau du filtre et du boîtier. Mais attention,
la boite à air joue un rôle prépondérant dans le fonctionnement et le
bon rendement d'un moteur. Elle permet de stabiliser le flux d'air en
évitant les turbulences, facteurs de résistances importants.
D'une façon générale, toute entrée d'air doit être la plus progressive
possible afin que la mise en vitesse de la colonne d'air soit également la plus progressive
possible.
Notamment, il est déconseiller de retirer des manchons caoutchouc
d'entrée de boite à air en pensant augmenter simplement la section de
passage de l'air. Si la section est effectivement augmentée, les pertes
de charge due à une forte perturbation du flux d'air aux entrées non
progressives opposent une résistance non négligeable au passage de l'air
et donc, une perte d'efficacité (et une augmentation du bruit
d'admission).
Cependant, il est utile de faciliter au maximum le passage du flux
d'air afin de réduire au maximum les frottements. Par exemple, sur
l'admission des DR-350, une grille est placée entre le filtre et la pipe
d'admission. Retirer cette grille est inutile car elle supprime un facteur de
perturbation non négligeable.
Lorsque c'est possible (environnement pas trop poussiéreux ou
filtration renforcée), une ouverture franche du boîtier permet de régler
les problèmes d'écoulement d'air.
De plus, pour une utilisation off-road, la
boite à air joue un rôle majeur dans la capacité à empêcher sable et
poussière d'atteindre le cylindre : un boîtier très ouvert offre une
grande facilité à la poussière de pénétrer jusqu'au filtre. Pour une
utilisation "extrême" (dunes, tempête de sable), un boîtier
trop ouvert favorise le colmatage du filtre et la pénétration du sable
dans le moteur. Pour cette utilisation, l'entrée d'air de la boite à air
doit être protéger par de la toile "sand-stop". Il s'agit d'une toile à
maille très fine qui arrête efficacement la pénétration de la poussière
dans le boîtier.
Le filtre à air
Deux cas se présentent : le filtre à air papier (cartouche de
papier filtre plissé) et le filtre mousse (élément hémisphérique
constitué de mousse de densité parfois variable). On peut rajouter le
cas particulier des filtres K&N réalisés sur la base d'une trame de
coton huilée.
Cas des filtres papier :
rencontré d'origine sur la plupart des motos
routières, des trails multicylindres et de certains gros-mono, dont le
DR750/800.
Ils sont constitués d'une feuille de papier filtre plissée pour
accroître la surface d'échange. Ils ne sont pas reconditionnables (pas
de nettoyage possible, sauf superficiel à la soufflette).
Leur remplacement est le bienvenu, dans ces conditions, par un élément
K&N (voir plus loin) plus performant, filtrant mieux et nettoyable.
Cas des filtres mousse :
Nombre de trails gros-mono sont pourvu d'un élément filtrant en mousse.
Les mousses demandent à être régulièrement entretenues pour rester
efficaces (nettoyage, huilage). A cette condition et en choisissant une
mousse de grande qualité (Twin-Air par exemple, qui équipe d'origine
toutes les KTM), ce type de filtre est très performant :
Très bonne filtration (plusieurs densités de mousse + huilage)
Peu de pertes de charges (si la surface est suffisante)
Réutilisable (nettoyage et re-huilage)
Tranquillise efficacement le flux d'air, améliore le couple.
Cas des filtres K&N :
Les filtres K&N sont réalisés par les superpositions de plusieurs trames
de coton plissée et huilée. Ce type de filtre permet de réduire la perte
de charge par rapport à un filtre papier standard.
Les K&N peuvent trouver une réelle utilité dans le remplacement
d'un filtre papier. Les filtres mousses de bonne conception (Twin-Air)
étant au moins aussi performants (en terme de résistance au flux d'air
et de filtration) et atténuent mieux les bruits d'admission.
La plupart des gros-mono sont encore équipés de carburateurs (mais
l'injection arrive rapidement, normes Euro3 obligent). Généralement, ce
sont des carburateurs à dépression plus que des carburateurs à boisseau.
Pour rappel :
Carburateur à dépression :
l'ouverture du boisseau est commandé indirectement par une membrane lors
de l'ouverture du papillon des gaz, lequel communique la dépression
d'admission vers la membrane qui soulève alors le boisseau. Ce type de
carburateur permet un fonctionnement très linéaire et contrôlé de la
carburation. Les japonais sont passés maître dans la maîtrise de ce
genre de carburateur (Mikuni et Keihin).
Carburateur à boisseau :
le boisseau est directement commandé par la poignée de gaz. Une pompe de
reprise permet d'enrichir le mélange dans les phases d'accélération. Ce
type de carburateur offre des accélérations plus vives mais sont plus
difficile à régler.
Boisseaux plats montés sur galets, palonniers montés sur roulements,
venturis savamment calculés, pompe de reprise, etc... les Keihin FCR sont
ce qui se fait de mieux et d'abouti en terme de carburateur. Mais leur
prix les confine à être utilisés que dans des préparations complètes et
onéreuses.
Le remplacement du carburateur d'origine (généralement à
dépression) par un modèle à boisseau type Keihin FCR ou Mikuni TM
s'inscrit uniquement dans une préparation poussée de moteur (sinon,
c'est "de la confiture au cochon" !) et nécessite parfois d'agrandir les
conduits d'admission (selon les modèles).
Lors du remplacement du silencieux par un modèle plus libre, de la
modification de l'admission d'air et/ou par la modification de la
distribution (arbre à came retaillé), il peut devenir nécessaire de
modifier les paramètres de carburation.
Le gicleur de ralenti et la vis d'air (ou de richesse selon le cas)
L'aiguille et le puits d'aiguille
Le gicleur principal Chacun de ces éléments régit une plage de
fonctionnement du moteur différente.
Cependant, ces zones se recoupent et se complètent selon le schéma
ci-dessus montrant l'influence de chacun des éléments du carburateur selon
l'ouverture du boisseau.
L'utilisation d'un
échappement plus libre nécessite généralement un enrichissement de la
carburation.
L'échappement doit être une des pièces de la moto la plus fréquemment
remplacée par de l'adaptable. Pourtant, cette modification n'a de
fondement que si elle s'inscrit dans un ensemble de modifications.
Gain de poids
Au delà des considérations de performances moteur, le remplacement
du système d'échappement d'origine peut se justifier par les importants
gains de poids direct et indirect qu'il peut impliquer pour certains
modèles.
Un bon exemple est le DR-800. L'échappement d'origine est constitué d'un
diviseur placé derrière l'amortisseur lequel relie les deux silencieux
d'échappement placés de part et d'autre de la boucle arrière de cadre.
Le remplacement de l'ensemble du système par un silencieux unique (type
Lazer Produro) permet de supprimer, au final, un silencieux et le
diviseur. Le gain de poids est de l'ordre de 5 kg!
Indirectement, l'ablation du système d'origine permet de simplifier
singulièrement la boucle arrière de cadre et de pouvoir ainsi retirer la
très lourde armature de bavette arrière (laquelle soutient en partie
également les silencieux d'origine). C'est à nouveau 5 kg de gagner,
pour un total de 10 kg !
Gain de performances
La modification de l'échappement dans un but d'augmentation des
performances moteur (donc, au dessus toute considération esthétique) ne
peut s'envisager qu'en considérant l'accord admission / échappement.
De même, la performance d'un silencieux se mesure par sa faculté à
minimiser les contre pression et, dans une moindre mesure pour les
moteurs 4 temps, à être acoustiquement accordé avec le régime moteur et
l'admission (paramètre capitale dans le cas des 2 temps).
Mais attention, avant d'investir dans la plomberie, il faut savoir
que rares sont les échappements adaptables (homologués) qui améliorent
effectivement le rendement du moteur.
Il existe donc deux cas de figure : les systèmes "libérés" avec
silencieux non homologués et les systèmes "OEM" avec silencieux
homologués.
Dans tous les cas, en cas de remplacement d'une double sortie par une
sortie simple (exemple : DR800 SR43 : double silencieux), il convient de
vérifier que la section (la surface) de l'unique sortie est au moins
égale à la somme des sections des deux sorties.
Echappements homologués
Les silencieux homologués ne présentent comme principal avantage
d'être en règle vis-à-vis de la réglementation en matière de bruit et de
ne nécessiter quasiment aucune modification du système d'admission.
Rares sont les silencieux adaptables homologués qui améliorent
significativement les performances du moteur. Au mieux, ils conservent
le même comportement du moteur.
Une exception pour les Devil homologués réputés pour améliorer
significativement le fonctionnement du moteur par rapport à l'origine.
Malheureusement, Devil ne fabrique plus de silencieux pour les trails
"anciens" (c'est-à-dire des années 90 et avant...)
Il est également possible d'augmenter de façon très sensible les
performances moteur lorsqu'on remplace des silencieux à catalyseur
intégré par des modèles de bonne qualité sans catalyseur mais
homologués.
Echappements non homologués
Les échappements non homologués présentent le grand inconvénient d'être
(très) bruyant. En conséquence, leur usage est interdit sur la voie
publique. Il porte la mention "For racing use only", ne laissant planer
aucun doute à propos de leur nature!!
Tout échappement plus performant repose sur une diminution des pertes de
charges dans le système d'échappement (coude, silencieux) ce qui
implique, au minimum, un réajustement de la carburation.
Ce genre de silencieux est dans la grande majorité des cas "à
absorption" : l'atténuation sonore est assurée par un matériau absorbant
(laine de roche) enroulée autour d'un tube de fuite percé de nombreux
trous. Le trajet des gaz est donc le plus direct possible, mais
l'absorption du son est plus faible qu'avec un silencieux à chicanes.
Les échappements non homologués, pour peu que des réglages de
carburation adaptés aient été pratiqués, permettent un gain de puissance
et de couple, notamment dans la moitié supérieure de plage d'utilisation
du moteur.
Pour les bricoleurs avertis bien équipés (soudure, cintreuse,
fraiseuse), il est possible de concevoir une ligne de A à Z. Un moteur 4
temps, dans une moindre mesure que le deux temps, est un système
"harmoniques" : le battement du piston engendre des ondes de pression et
(donc) contre-pression dans le système d'admission, répondant aux lois
de l'acoustique (mécanique classique).
Les sections de passage, les chicanes et les différentes longueurs de
tubes ont une influence sur le caractère du moteur. Des calculs
permettent de déterminer les sections et longueurs de tuyau nécessaire à
la fabrication de la ligne d'échappement.
Réduction du bruit
Il existe des systèmes permettant de réduire le bruit des silencieux à
absorption (les fameux "dB killers") : il s'agit de chicane de forme
variable selon les marques) qui se placent dans la plupart des cas au
niveau de la sortie de silencieux (maintenu par une vis ou un rivet).
Un exemple de chicane "dB-killer" montée sur les modèles "Duo-tech"
du manufacturier hollandais Laser (vu sur
http://www.ambi-bike.de) :
Avec la chicane coudée, le niveau de bruit permet de rester dans les
normes. Ce silencieux est homologué pour l'usage routier, munis de sa
chicane.
Une simple vis (ou rivet) permet de retirer la chicane "street-legal" et
de la remplacer par un tube droit. Bien entendu, le silencieux n'est
plus homologué… Ce type de silencieux présente l'avantage d'être
facilement transformable et sans frais (les chicanes sont fournies).
Réduction de la température moteur
La détente des gaz étant un phénomène endothermique (qui refroidit
si vous préférez), un échappement plus libre (à condition de régler la
carburation, on ne le répétera jamais assez) permet d'abaisser
sensiblement la température du moteur en facilitant l'évacuation de gaz
d'échappement. Par exemple, l'adoption d'un Akrapovic auquel on a retiré
la chicane sur un LC4 permet de faire très nettement diminuer la
température du moteur dans des conditions difficiles (dune de sable,
température extérieure : + de 30°C).
La légende selon laquelle un silencieux non homologué fait chauffer
les moteurs et est à l'origine de la détérioration des sièges
d'échappement n'est vraie que lorsque la carburation n'est pas enrichie
(du moins réglée) en conséquence.
Les coudes d'échappement
Avant de remplacer votre coude d'échappement, examiner de près celui
d'origine : il n'est pas rare que la soudure de la bague coté sortie de
culasse déborde largement à l'intérieur du tube. Sur le DR800, on peut
constater un rétrécissement de l'ordre de 4 à 5 mm du diamètre utile de
sortie ! Il convient alors, à l'aide du flexible équipé d'une fraise ou
d'une meule, d'éliminer le cordon de soudure interne, ce qui facilitera
le passage des gaz.
Il peut être intéressant, dans certain cas, d'adapter un coude
d'échappement dit "gros diamètre" en place de l'origine. Cette
transformation n'est vraiment "rentable" que si le diamètre interne du
coude d'origine est nettement plus petit que le diamètre du conduit
d'échappement de la culasse.
Ce type de coude peut parfois faire gagner un peu de couple (s'il
est associé au silencieux correspondant), mais ne vous attendez pas à
des miracles. Par contre, il peut participer à abaisser la température
du moteur dans la mesure où il facilite l'évacuation des gaz (diminution
de la contre pression).
Généralement fabriqué en inox, ces coudes permettent aussi d'éviter
de devoir repeindre tous les ans votre coude et donne un meilleur aspect
(mais c'est très subjectif).
Après avoir passer en revue l'ensemble des éléments du moteur, il
est intéressant d'aborder le problème de la transmission. Evidemment, il
n'est pas question de revoir les rapports de boite, ce genre de
préparation est réservée à des préparations poussées. Par contre, il
peut être utile et facile d'agir sur la démultiplication finale en
jouant sur le pignon de sortie de boîte de vitesse (SBV) et/ou sur la
couronne de roue arrière.
Avant de pousser plus loin, il est bon de rappeler les définitions de
base :
Allonger la transmission : diminuer la démultiplication. Pour un même
nombre de tours du pignon SBV, la roue arrière fera plus de tour. En
clair, la roue tourne plus vite pour un régime moteur donné.
Raccourcir la transmission : augmenter la démultiplication. Pour un même
nombre de tours du pignon SBV, la roue arrière fera moins de tour.
En clair, la roue tourne moins vite pour un régime moteur donné.
Le principe est simple et
s'illustre bien par un exemple :
Prenons une moto dont les paramètres d'origine sont les suivants :
A = vitesse à 5000 tr en 5éme : 120
B = démultiplication : 14x43 (nombres de dents pignon SBV x
couronne)
C = différence de régime entre deux rapports de boites : 1200 tr
On aura alors :
On allonge la transmission avec B = 15x43 (ou 14x40). De ce fait, C
= 1400 tr et A = 130
On raccourci la transmission avec B = 13x43 (ou 14x48). De ce fait,
C = 1000 tr et A = 110.
Il s'agit ici d'un exemple,
les valeurs sont inventées, mais la tendance est respectée.
En allongeant la transmission, on gagne en vitesse maximum (et en
vitesse de croisière) mais on perd en vivacité du moteur.
En raccourcissant la transmission, on perd en vitesse maximum (et en
vitesse de croisière) mais on gagne en vivacité du moteur.
On peut choisir "d'investir" le gain de couple et de puissance
gagné sur le moteur dans la vitesse maximum. Dans ce cas, on allonge la
transmission, la différence avec la moto d'origine réside dans la
vitesse à accélération égale. Ou on peut choisir "d'investir" dans la
vivacité en raccourcissant la transmission. la différence avec la moto
d'origine est un moins grande vitesse maxi (ou égale) mais une vivacité
décuplé par les effets additionnels de l'améliorations de performance et
d'un rapport plus court.
Que choisir ? Tout dépend de l'usage de la moto : pour un usage sur
route tourmentée nécessitant de nombreuses accélérations vives
(typiquement : routes de montagnes), un rapport de transmission court
sera plus judicieux. Au contraire, sur route droite et composé de grandes
courbes rapides, un rapport de transmission long sera préféré afin de
donner priorité à la vitesse de passage.
Sachez enfin qu'une dent en moins ou en plus sur le pignon SBV
engendre plus d'effet (la différence est plus grande) qu'une dent en
plus ou en moins sur la couronne.
Exemple, reprenons notre moto théorique ci-dessus :
14/43 = 0,326
14/44 = 0,318
13/43
= 0,302
On peut également obtenir le rapport idéal en variant sur les deux
éléments (SBV et couronne). Sachez aussi qu'il est plus facile de
remplacer rapidement un pignon de SBV (détendre la chaîne, changer le
pignon) qu'une couronne (dépose complète de la roue arrière).
extrait du site
drmania Dernière mise à jour le:
03/05/2008
Le cylindre
Les deux problèmes rencontrés sont l’existence de piston de gros
diamètre adaptable et les limites d’alésage tolérable de la chemise.
En effet, au delà d’une certaine limite, la chemise devient trop fine et
se déforme alors rapidement. Dans ce cas, il faut remplacer la chemise
d’origine par une autre plus résistance. C’est le cas pour les DR350
sur-alésées à 380, voire 440 cc. CRD commercialisent des chemises plus
résistante ainsi que le piston adapté pour faire grimper la cylindrée.
Toutefois, le remplacement du piston et de la bielle peut entraîner un
décalage de la zone de vibration vers le haut ou vers le bas.
De même, l’augmentation de la cylindrée doit faire l’objet d’un passage
au mines afin d’obtenir une nouvelle carte grise en règle… Bonne chance…
C’est vous qui voyez, mais vous êtes prévenus ! A bon entendeur...
Haut moteur

Toutefois, cette opération participe à de meilleures montées en régime
et à une meilleure stabilité sur les différents régimes. Il n’est donc pas
inutile de polir sa culasse.
Arbres à cames
Il n’est donc pas très difficile d’obtenir un gain de
puissance en remplaçant l’élément d’origine par un modèle pourvu de lois
de levée et de diagramme nettement plus pointu!
Cette contrainte engendre de plus grands efforts au niveau des paliers
d’arbres à cames et des axes de culbuteurs au grand détriment de la
fiabilité.
L’usure va alors s’accélérer et peut rapidement signer l’arrêt de mort
des paliers d’arbres à cames. Ce qui suppose le remplacement de la culasse
et du cache culbuteur...
Après le retaillage, un traitement thermique est appliqué afin d'obtenir
une surface dure et lisse. L'admission
Modifier la boite doit donc se faire avec précaution et réflexion
préalable : une mauvaise transformation et/ou découpe peut
paradoxalement faire diminuer le rendement du moteur.
Tout passage "cassé" (présentant des arrêtes vives) opposent
d'importantes perturbations du flux (turbulences), engendrant
d'importantes pertes de charge. C'est pourquoi les admissions sont
toujours pourvues de "cornet" (entrée conique) afin de favoriser la
progressivité de l'accélération du flux.
Le sand-stop peut également se présenter sous la forme d'une "housse"
qui recouvre complètement le filtre à air (filtre mousse). Certaines
sont à usage unique alors que d'autres peuvent être réutilisées après
les avoir convenablement secoué.
Ils ne conviennent pas forcément pour les conditions extrêmes de
poussière, notamment la poussière fine rencontrée lors de raids
africains (désert, piste, fesh-fesh).
C'est souvent le seul choix possible : le remplacement par un filtre
mousse est souvent rendu impossible par le mode de construction de la
boite à air : l'air passe par le filtre et pénètre dans la boite
laquelle est directement reliée aux cornets des carburateurs (les
mousses sont quant à elles placées devant les cornets à l'intérieur de la
boîte).
Le moteur aura tendance à prendre plus vite ses tours.
Carburateurs et
carburation
Le Carburateur
L'ouverture progressive du boisseau permet d'enrichir naturellement le
mélange.

La carburation

L'échappement

En clair, pour obtenir un meilleur rendement avec un échappement plus
libre, il est impératif d'accorder toute la chaîne "thermodynamique" en
amont, donc, la carburation, en clair !
A ce titre, ces silencieux doivent être estampillé d'un numéro
d'homologation "TPSI".
D'ailleurs, le fait que les constructeurs d'échappements précisent que
le montage d'un échappement homologué ne nécessite aucun réglage de
carburation est bien la preuve que le gain est quasiment nul.
Donc avant de remplacer votre silencieux, il convient de réfléchir à vos
réelles motivations et objectifs dans ce changement. Les échappements
d'origine sont développés par des équipes d'ingénieurs qui ont à leur
disposition des moyens performants et précis pour les mettre au point.
Par exemple, sur les KTM LC8, le montage de silencieux Ackrapovic en
remplacement des originaux se solde, au prix d'un réglage de la
carburation et d'une légère modification du boîtier de filtre (comme
quoi il n'y a pas de fumée sans feu), d'une spectaculaire amélioration
du moteur.






La transmission
On peut par exemple monter un pignon avec une dent de plus pour faire de
la liaison (vitesse de croisière et consommation y gagneront) et
replacer rapidement par un pignon avec une dent de moins pour faire la
bourre... heu... balade !!!

