Le gymkhana

Loisirs

Le gymkhana moto : la maniabilité au chronomètre

Le gymkhana consiste à enchaîner, le plus vite possible, un parcours de plots : slaloms, huit, demi-tours et freinages. On le pratique avec sa propre moto de route, à basse vitesse. C’est l’un des meilleurs moyens de progresser en pilotage, et une vraie discipline de compétition, très populaire au Japon.

  • Précision à basse vitesse
  • Avec sa moto de route
  • Des exercices à reproduire

1Le principe

Sur un grand parking, des plots dessinent un parcours que le pilote découvre peu avant de s’élancer. Chaque plot renversé ajoute une pénalité au temps. Les meilleurs enchaînent les virages serrés moto très inclinée, sans jamais poser le pied.

Au Japon, la discipline réunit de nombreux pratiquants et des championnats nationaux. En France, elle se développe dans les clubs et lors de journées de perfectionnement.

Pilote de gymkhana entre les plots
Moto inclinée, regard loin : l’essence du gymkhana.

2Les exercices de base

ExerciceMise en placeCe qu’il travaille
Slalom6 à 8 plots en ligne, espacés de 3 à 5 mChangements d’angle, dosage des gaz
Huit2 plots à 6 à 8 m l’un de l’autreBraquage, regard, frein arrière
Demi-tour serréUn couloir de 6 m de largeEmbrayage et équilibre à l’arrêt ou presque
FreinageUne zone repérée par deux plotsFreinage appuyé et droit
Parcours de gymkhana moto
Un parcours de plots sur un parking fermé.

3Pourquoi pratiquer le gymkhana ?

Le regard

On apprend à regarder la sortie du virage, réflexe utile en toutes circonstances.

L’embrayage

Le point de patinage devient naturel, même dans les manœuvres les plus lentes.

Le freinage

Frein avant et frein arrière se dosent sans à-coup.

La confiance

Une moto maîtrisée à basse vitesse l’est aussi dans les imprévus de la circulation.

Ces qualités sont aussi celles évaluées sur le plateau du permis moto.

4Débuter en gymkhana

  1. Trouver un lieu fermé et autorisé : parking privé avec accord, terrain de club ou journée organisée.
  2. Protéger sa moto avec des tampons de protection : les petites chutes font partie de l’apprentissage.
  3. S’équiper complètement, comme pour la route.
  4. Commencer lentement, plots écartés, puis resserrer au fil des séances.

5Un parcours d’entraînement sur un parking

Le gymkhana demande peu de place : une trentaine de mètres de goudron propre, une dizaine de cônes ou de bouteilles, et une moto dont on protège les flancs. Voici un parcours progressif à reproduire.

  1. Le slalom : cinq cônes espacés de 6 m, puis de 4 m. Regard loin devant, pression sur les repose-pieds, embrayage au point de patinage.
  2. Le huit : deux cônes espacés de 7 m. L’objectif est de resserrer jusqu’à 5 m sans poser le pied, gaz constant et frein arrière léger pour stabiliser.
  3. Le demi-tour en U : entre deux lignes espacées de la largeur d’une route, soit 6 à 7 m, puis moins. Buste droit, tête tournée vers la sortie.
  4. Le freinage : depuis 50 km/h, s’arrêter dans une boîte de 3 m avec les deux freins, sans bloquer.
  5. L’enchaînement chronométré : relier les ateliers et viser la régularité avant la vitesse.
Protégez la moto avec des tampons ou des crash-bars, roulez avec un équipement complet, et commencez à vitesse de marche. Les chutes au gymkhana sont lentes mais fréquentes au début.

6La compétition : du Japon aux rassemblements européens

Le gymkhana de compétition est né au Japon, où il se pratique depuis les années 1970 sur des parkings avec des parcours de cônes très denses. Les meilleurs pilotes y bouclent un tracé en deux minutes au guidon de roadsters et de sportives dépouillés et équipés de pare-carters.

  • Le classement se fait en pourcentage du temps du meilleur pilote : les grades vont de D à A, puis « seed », les champions.
  • Les motos sont de série, modifiées pour la garde au sol, le rayon de braquage et la protection en cas de chute : petit pignon, guidon relevé, béquilles démontées.
  • En Europe, des clubs et des rassemblements s’organisent en Allemagne, en Pologne, en Italie et en France, souvent sous forme de journées d’initiation suivies d’un chrono.
  • La police japonaise forme ses motards avec ces exercices ; les écoles de conduite françaises reprennent le principe pour la maniabilité à basse vitesse.

Pour aller plus loin dans la maîtrise de la moto, voir le permis moto et le stunt.

7Questions fréquentes

Quelle moto pour le gymkhana ?

Toutes les motos conviennent pour s’entraîner. En compétition, les roadsters légers et les supermotards sont les plus efficaces.

Peut-on s’entraîner sur un parking public ?

Seulement avec l’autorisation du propriétaire ou de la commune, et sans gêner personne. Les rodéos sur la voie publique restent interdits.

Le gymkhana aide-t-il à passer le permis ?

Oui : slalom, huit et freinage sont très proches des exercices du plateau.

De quelle moto a-t-on besoin pour le gymkhana ?

N’importe quelle moto convient pour débuter, de préférence légère, avec un bon rayon de braquage. Les pilotes confirmés préfèrent les roadsters de 400 à 900 cm³ protégés par des pare-carters.

Le gymkhana est-il dangereux ?

Les vitesses sont faibles et les chutes rares une fois les bases acquises. Protégez la moto et portez un équipement complet : les premières séances comportent des chutes à l’arrêt.

À retenir

  • Un parcours de plots au chrono, avec sa moto de route.
  • Slalom, huit, demi-tour et freinage : les exercices de base.
  • Le meilleur entraînement pour la maniabilité et la confiance.
  • Dix cônes et un parking propre suffisent pour s’entraîner.
  • La compétition classe les pilotes en pourcentage du temps du meilleur.

Pour aller plus loin