La bielle

Mécanique

La bielle : du va-et-vient à la rotation

La bielle relie le piston au vilebrequin. Avec lui, elle transforme le mouvement de va-et-vient du piston en rotation. Elle subit à chaque tour une traction, une compression et une flexion : c’est l’une des pièces les plus sollicitées du moteur.

  • Pied, corps et tête
  • Monobloc ou assemblée
  • Acier forgé ou titane

1L’anatomie d’une bielle

  • le pied, relié au piston par l’axe ;
  • le corps, généralement en forme de « I » pour être rigide et léger ;
  • la tête, montée sur le maneton du vilebrequin ;
  • des coussinets ou des roulements, qui limitent les frottements.

Attention au vocabulaire : la tête de bielle est du côté du vilebrequin, et non du piston.

2Les différents types

La bielle monobloc

D’une seule pièce. Elle impose un vilebrequin assemblé, que l’on désassemble pour la monter. Fréquente sur les monocylindres et les 2 temps.

La bielle assemblée

Sa tête se ferme par un chapeau boulonné. Elle se monte sur un vilebrequin monobloc : c’est la solution des moteurs multicylindres.

La bielle fourchue

La tête de l’une s’ouvre en fourche pour laisser passer l’autre sur le même maneton. Une solution de V-twin, chez Harley-Davidson ou Indian.

3Les contraintes

À haut régime, la bielle est tirée violemment quand le piston change de sens au point mort haut, puis comprimée par la combustion. Le pied, près du piston, chauffe beaucoup ; la tête est refroidie par l’huile.

Elle est donc en acier forgé, parfois en titane sur les moteurs de compétition. Sa longueur influence le caractère du moteur : une bielle longue réduit l’inclinaison et les frottements du piston, une bielle courte rend le moteur plus compact.

Contraintes subies par une bielle
Traction, compression et flexion.

4Coussinets ou roulements

Les demi-coussinets équipent les bielles assemblées. Ils tournent sur un film d’huile sous pression : une huile propre et une pression suffisante sont vitales. Les roulements à rouleaux ou à aiguilles, réservés aux bielles monoblocs, demandent peu de lubrification. On les trouve sur les 2 temps, graissés par le mélange.

5Acier forgé, titane, aluminium : de quoi est faite une bielle ?

MatériauAtoutLimiteUsage
Acier forgéRésistant, durable, économiquePoidsLa quasi-totalité des motos de série
Acier matricé à tête fracturéeAjustement parfait du chapeau sur la têteChapeau non rectifiableMoteurs modernes de grande série
TitaneEnviron 40 % plus léger que l’acierCoût, traitement de surface indispensableSportives de pointe, compétition
Aluminium forgéTrès légerDurée de vie limitée, contrôle fréquentDragster, compétition
Poudre frittéePrécision, peu d’usinageRésistance moindre aux très hauts régimesCertaines séries

Plus la bielle est légère, moins le moteur doit dépenser d’énergie pour l’accélérer et la freiner deux fois par tour. À 14 000 tr/min, elle change de sens plus de 460 fois par seconde : chaque gramme gagné soulage le vilebrequin et les coussinets.

Le rapport entre la longueur de la bielle et la course influe aussi sur le comportement : une bielle longue réduit la poussée latérale du piston sur le cylindre, donc les frottements et l’usure.

6Bielle coulée : causes, symptômes et prévention

« Couler une bielle » signifie que le coussinet de tête de bielle a fondu ou s’est détruit, faute de film d’huile. Le métal tendre du coussinet se met à gripper sur le maneton du vilebrequin.

  • Symptôme : un claquement sourd et régulier, venu du bas du moteur, qui s’accentue à la remise des gaz et à chaud.
  • Témoin de pression d’huile qui s’allume ou clignote au ralenti.
  • Paillettes métalliques dans l’huile de vidange ou sur le bouchon aimanté.

Manque d’huile

Niveau trop bas, pompe désamorcée dans un wheelie prolongé ou un virage long sur circuit.

Huile dégradée

Vidanges trop espacées, huile diluée par l’essence, viscosité inadaptée.

Surrégime

Rétrogradage brutal qui emmène le moteur au-delà de sa zone rouge.

Montage

Couple de serrage des chapeaux non respecté, vis réutilisées, jeu incorrect.

Dès qu’un claquement apparaît ou que le témoin d’huile s’allume, coupez le moteur. Continuer de rouler transforme un remplacement de coussinets en remplacement du vilebrequin, voire du moteur.

La prévention tient en trois points : niveau contrôlé régulièrement, vidange dans les délais, montée en régime progressive tant que l’huile est froide. Voir la lubrification et la vidange.

7Questions fréquentes

Qu’est-ce que « couler une bielle » ?

C’est la fonte du coussinet de tête de bielle, par manque d’huile. Un claquement métallique apparaît, puis le moteur se bloque ou casse. D’où l’importance du niveau et de la vidange.

Une bielle en titane est-elle utile sur route ?

Non : elle est très chère et sert surtout aux moteurs de course qui tournent très haut. Elle équipe tout de même quelques sportives de série haut de gamme.

Que veut dire « couler une bielle » ?

Le coussinet situé entre la bielle et le vilebrequin a été détruit par manque de lubrification. Le moteur claque et doit être arrêté immédiatement.

Combien coûte une réparation ?

Elle impose d’ouvrir le moteur : coussinets, parfois bielle et vilebrequin. La facture atteint vite plusieurs milliers d’euros, souvent davantage que la valeur d’un moteur d’occasion.

À retenir

  • La bielle relie le piston au vilebrequin ; sa tête est côté vilebrequin.
  • Monobloc sur vilebrequin assemblé, assemblée sur vilebrequin monobloc.
  • Ses coussinets vivent sur un film d’huile : surveillez le niveau.
  • Une bielle légère soulage le vilebrequin à haut régime.
  • Claquement sourd ou témoin d’huile : arrêt immédiat du moteur.

Pour aller plus loin