La direction : comment une moto tourne vraiment
Au-dessus de 20 km/h environ, on ne tourne pas une moto en tournant le guidon dans la direction voulue : on pousse légèrement sur la branche du côté du virage, et la moto s’incline. C’est le contre-braquage. Colonne, roulements, tés et guidon forment la direction, dont la géométrie décide de la stabilité.
- Le contre-braquage
- Chasse et déport
- Amortisseur de direction
1Tourner à moto
À très basse vitesse, on dirige la moto comme un vélo : le guidon tourné à droite l’emmène à droite, et le pilote garde l’équilibre en corrigeant sans cesse.
Plus vite, l’effet gyroscopique des roues et la chasse stabilisent la moto. Pour tourner à gauche, on pousse la branche gauche du guidon : la roue avant braque très brièvement à droite, la moto s’incline à gauche, puis tourne à gauche. Ce contre-braquage est le geste clé de l’évitement d’urgence.
2Les éléments de la direction
La colonne
Le tube soudé à l’avant du cadre. Son inclinaison fixe l’angle de chasse : elle doit être fabriquée avec une grande précision.
L’axe et les roulements
L’axe tourne dans la colonne sur deux roulements. Les roulements à rouleaux coniques supportent mieux les efforts que les billes.
Les tés
Le té inférieur et le té supérieur serrent les tubes de fourche. Leur écartement fixe le déport, donc la chasse.








La chasse est la distance au sol entre le prolongement de l’axe de direction et le point de contact du pneu avant. Comme la roulette d’un chariot de supermarché, elle ramène la roue en ligne droite. Plus elle est grande, plus la moto est stable, mais lourde à inscrire en virage.
3Guidon, demi-guidons et bracelets



Un guidon large donne du bras de levier et facilite les manœuvres ; des bracelets bas placent le pilote sur l’avant, pour la piste. Pour ajuster la position, voir les pontets et rehausses.
4L’amortisseur de direction
Sur les sportives, dont la géométrie privilégie la vivacité, une bosse en accélération peut déclencher un guidonnage : le guidon se met à battre violemment. L’amortisseur de direction freine ces mouvements rapides sans gêner les mouvements lents.
Il existe en version linéaire, fixée entre le cadre et la fourche, ou rotative, logée sur le té supérieur. Certains sont pilotés électroniquement selon la vitesse.




5Les directions atypiques
Plus de 99 % des motos utilisent une fourche télescopique. Quelques constructeurs ont exploré d’autres voies, pour séparer la direction de la suspension :
BMW Telelever
La fourche guide la roue, un bras et un amortisseur central la suspendent. Les boxers l’utilisent depuis 1993.
Bimota Tesi
Un bras oscillant avant et des biellettes qui transmettent les mouvements du guidon au moyeu.
Yamaha GTS 1000
Un monobras avant et un moyeu orientable, une audace de 1993.
JBB Atomo
Un prototype français à double triangle, qui dissocie totalement direction et amortissement.






6Questions fréquentes
Comment savoir si les roulements de direction sont usés ?
Roue avant décollée, tournez lentement le guidon : un point dur au centre signale des roulements marqués. Un claquement au freinage révèle du jeu.
Qu’est-ce que le guidonnage ?
Une oscillation rapide et violente du guidon, souvent déclenchée par une bosse en accélération. Ne serrez pas le guidon : relâchez les bras et restez sur les gaz si possible.
À retenir
- Au-delà de 20 km/h environ, on tourne par contre-braquage.
- Angle de colonne, chasse et déport font la stabilité de la moto.
- L’amortisseur de direction limite le guidonnage des sportives.