La synchronisation : faire respirer tous les cylindres à l’unisson
Sur un moteur à plusieurs cylindres, chaque cylindre a son propre carburateur ou son propre papillon d’injection. Si l’un s’ouvre un peu plus que les autres, il travaille davantage, et le moteur vibre, tient mal le ralenti et consomme. La synchronisation consiste à égaliser la dépression dans tous les conduits d’admission. C’est un réglage fin, qui transforme l’agrément d’un moteur.
- Égaliser la dépression
- Les symptômes
- La méthode
1Ce que l’on règle
Quand le piston descend, il crée une dépression dans le conduit d’admission. Cette dépression dépend de l’ouverture du papillon. La mesurer sur chaque cylindre revient donc à comparer leur remplissage.
Des vis de réglage placées entre les carburateurs ou les corps d’injection permettent de décaler légèrement chaque papillon par rapport à son voisin, jusqu’à obtenir des valeurs identiques.

2Reconnaître un moteur désynchronisé
- Un ralenti instable, qui monte et descend, ou qui cale à chaud.
- Des vibrations inhabituelles, surtout à bas et moyen régime.
- Des à-coups à vitesse stabilisée et une réponse hésitante à l’ouverture des gaz.
- Une consommation en hausse.
- Des bougies de couleurs différentes d’un cylindre à l’autre.
- Un bruit de boîte ou de transmission primaire au ralenti, dû aux irrégularités du moteur.
Ces symptômes ont aussi d’autres causes : prise d’air sur une pipe d’admission, bougie fatiguée, filtre à air colmaté, jeu aux soupapes incorrect. La synchronisation vient toujours en dernier.
3Avant de synchroniser
- Contrôlez le jeu aux soupapes : un jeu faux change le remplissage, et la synchronisation ne ferait que le masquer.
- Vérifiez les bougies et l’allumage.
- Nettoyez ou remplacez le filtre à air.
- Inspectez les pipes d’admission et les colliers : une fissure laisse entrer de l’air.
- Réglez la garde du câble de gaz.
- Amenez le moteur à sa température de fonctionnement, et prévoyez un ventilateur devant le radiateur si l’opération dure.
4Synchroniser au dépressiomètre
| Appareil | Principe | À savoir |
|---|---|---|
| Dépressiomètre à cadrans | Une aiguille par cylindre. | Lecture facile, à étalonner entre eux. |
| Colonnes de liquide | Le liquide monte dans des tubes transparents. | Très précis et bon marché, encombrant. |
| Dépressiomètre électronique | Des capteurs et un écran. | Précis, compact, plus coûteux. |
- Branchez un tuyau par cylindre sur les prises de dépression des pipes d’admission, après avoir retiré leurs bouchons.
- Démarrez et stabilisez le ralenti à la valeur du constructeur.
- Repérez le cylindre de référence : celui dont le papillon n’a pas de vis de réglage.
- Agissez sur les vis de synchronisation, par petites touches, pour aligner chaque cylindre sur la référence.
- Donnez un coup de gaz entre chaque retouche et laissez les valeurs se stabiliser.
- Vérifiez à 3 000 ou 4 000 tr/min que l’équilibre se maintient.
- Réglez de nouveau le ralenti, rebouchez les prises de dépression et remontez.
5Questions fréquentes
À quelle fréquence synchroniser ?
À chaque grosse révision, en général tous les 10 000 à 20 000 km, et après tout réglage du jeu aux soupapes ou démontage de la rampe.
Peut-on synchroniser sans dépressiomètre ?
Un bicylindre peut être dégrossi avec deux tuyaux et un peu de liquide, mais le résultat reste approximatif. Un appareil d’entrée de gamme coûte quelques dizaines d’euros.
Les aiguilles tremblent trop, que faire ?
Les pulsations de l’admission font vibrer les aiguilles. Des restricteurs placés dans les tuyaux, souvent fournis avec l’appareil, les amortissent.
La synchronisation augmente-t-elle la puissance ?
Elle ne crée pas de chevaux, mais elle rend le moteur plus souple, plus régulier et plus sobre : il retrouve l’agrément prévu à l’origine.
À retenir
- Synchroniser, c’est égaliser la dépression de tous les cylindres.
- Jeu aux soupapes, bougies et filtre à air d’abord.
- Le réglage se fait moteur chaud, au ralenti puis à mi-régime.
- Sur les motos récentes, vérifier que le réglage est prévu.